Le Tourisme

Le tourisme comorien a débuté avant l’indépendance avec la construction 5 petites structures situées essentiellement sur l’île de Ngazidja.

Il s’agit de l’hôtel Karthala situé en face de l’ancien aéroport de Moroni, le Maloudja qui représentait une destination privilégiée pour les sorties dominicales de la population résidente, l’Hôtel Coelacanthe avec ses12 bungalows dont l’existence d’un centre de plongée et sa localisation en centre ville offraient les possibilités d’activités touristiques variées, l’hôtel Itsandra et l’hôtel Al Amal à Anjouan. La société Comotel créée en 1982 a permis la rénovation et l’extension de ces établissements. Les Comores offraient alors entre 1982 et 1984 de 326 lits de niveau international sur les trois îles, groupés au sein de la Société hôtelière nationale Comotel, dont la gestion est assurée par le groupe ACCOR. Ces hôtels souffraient d’une très faible fréquentation, les pertes d’exploitations qui en résultaient ne leur permettant pas de renforcer les moyens d’animation et d’activités touristiques et de proposer des produits pouvant intégrer l’offre touristique nationale dans les circuits des grands voyagistes internationaux. Avant 1989, le tourisme était surtout un tourisme d’affaires, de missions et de séjours de Comoriens résidant en France. A partir de 1989, date de mise en service de l’hôtel Galawa, le tourisme d’agrément est devenu majoritaire. La fréquentation touristique (vacances, loisirs, affaires, visite dans la famille ou chez des amis) a progressé très rapidement. On comptait 7600 touristes en 1988 et 27 100 touristes en 1994.


SITUATION ACTUELLE

Depuis l’arrêt brusque de la compagnie Emirates, la fermeture du Galawa, le manque de promotion sur les Comores, on constate une baisse constante des arrivées touristiques. Les principaux marchés des Comores sont la France, l’Afrique du Sud, et les pays de l’océan indien ; Depuis 2002, les touristes sud africains ont pratiquement disparu alors qu’ils représentaient 38% du total des arrivées touristiques en 2000, à l’époque de la liaison directe Moroni- Johannesburg par Emirates. Les fl ux touristiques en provenance des autres régions du monde sont très faibles puisque les autres pays d’Europe en dehors de la France ne représentent que 2,5% du total en 2006. A présent, la clientèle touristique à but familial et personnel est dominante. Il s’agit du segment le plus important qui connaît une croissance forte et stable. Près de 65% des arrivées touristiques totales en 2005. Il s’agit pour l’essentiel de visiteurs d’origine comorienne, résidant en France, à Mayotte et à la Réunion. Par contre, la clientèle de loisir et de détente a fortement décliné et en 2005, elle ne représentait plus que 13,6% du total des arrivées touristiques internationales contre 54,7% en 2000. On assiste donc à une régression considérable de la clientèle qui séjourne dans le cadre de forfaits touristiques achetés auprès de tours opérateurs internationaux et qui représente un apport en devises et en rentrées fi scales et douanières importantes. La clientèle d’affaire connaît une forte progression de près de 50% entre 2000 et 2005. Cependant, cette clientèle est irrégulière et fl uctue en fonction du climat économique et de la stabilité politique. 

LE POIDS DU SECTEUR TOURISTIQUE DANS L’ÉCONOMIE

L’emploi touristique est très faible, vu le petit nombre de structures touristiques. L’ensemble des emplois peut être estimé, à ce jour, à environ 500 emplois directs pour l’ensemble du secteur (Hôtels, autres hébergements et éco-tourisme, restaurants, agences de voyages et réceptifs locaux). Les recettes touristiques internationales ont été fortement affectées par la fermeture du Galawa. Après avoir atteint un sommet en 2000 avec 5,0 milliards de FC, les recettes ont chuté à 4,1 milliards de FC en 2001, puis 3,9 milliards en 2002 et seulement 2,9 milliards en 2003. Aujourd’hui on estime que le secteur du tourisme et des voyages représente 6,5 milliards de FC en 2005 soit 4,1% du PIB, en raison de l’importance du tourisme familial.

ACTEURS TOURISTIQUES

L’activité touristique relève de la Vice-Présidence en charge du Ministère des Transports, du Tourisme. Conformément au système administratif actuel du pays, il existe quatre services administratifs chargés du tourisme : une Direction Nationale du Tourisme et de l’hôtellerie au niveau de l’Union. Cette structure se retrouve au niveau de chacune des îles autonomes.

Deux organisations participent à l’organisation et l’évolution du tourisme. Il s’agit de :
  • l’Association Comorienne du Tourisme créée en 1995 qui fédère les entreprises hôteliers et les restaurateurs
  • le Syndicat National des Agences de voyages regroupe une dizaine de réceptifs locaux principalement localisés à Moroni qui proposent des produits touristiques suivant :
  • les randonnées pédestres avec les circuits d’une journée et d’une demijournée
  • la découverte du Karthala avec une randonnée de 2 jours et une nuit de bivouac la découverte du parc marin de Mohéli, les sites culturels et la visite des monuments anciens, palais des sultans, le balnéaire et la plongée sous marine.


POTENTIALITÉS IDENTIFIÉES

Les Comores bénéficient d’attraits naturels comparables à d’autres destinations insulaires. Ces sites une fois développés peuvent constituer une assise naturelle et mettre sur les marchés touristiques internationaux les divers produits touristiques. Aussi offriraient- ils la possibilité d’exploiter plusieurs sortes de tourisme : un tourisme haut de gamme sur les sites d’envergure ou un tourisme plus spécialisé comme l’écotourisme dans des sites de petites tailles. La valorisation de ses ressources touristiques, la spécifi - cité de la culture du pays en feront un lieu particulièrement attractif pour les touristes curieux et pourront créer des différentes opportunités de combinaisons avec les pays de la région comme Madagascar et la Tanzanie. 45 sites ont été recensés : 18 en Grande Comores, 12 à Anjouan et 15 à Mohéli. Il s’agit surtout des sites littoraux (38) dont quelques uns sont encore difficilement accessibles par le réseau routier (Malé, Moya, Chiroroni, Miremani). Les sites de montagne sont accessibles par des sentiers. Les Comores caractérisées par un grand nombre d’espèces endémiques, sont à la fois un jardin botanique et un aquarium tropical. La fl ore compte en particulier plus d’une centaine d’espèces d’orchidées. Les espèces les plus remarquables de la faune marine sont les coelacanthes, les tortues et les dugongs. Pour la faune terrestre, citons les roussettes de Livingstone, les makis et les gobes mouches. Le patrimoine historique national est riche et diversifié : sites archéologiques, édifi ces religieux, édifi ces liés aux anciens sultanats, fortifi cations, sépultures. La richesse culturelle comorienne s’étend à des manifestations ou activités : les grands mariages, les chants, les danses, la cuisine comorienne, les jeux et la médecine traditionnelle. Les points forts de l’artisanat sont le travail du bois sculpté, la bijouterie traditionnelle et surtout des potentialités de main d’oeuvre qualifi é, dans le secteur de l’ébénisterie-sculpture, la vannerie et la broderie. Les activités sportives s’adaptent à l’offre naturelle : plongée sous marine en milieu marin côtier, pêche au gros au large, les randonnées en montagne.

PROJETS

L’arrivée aux Comores d’une Société Koweitienne Gulf Holding, porteurs de projets de développement touristiques très importants, a conduit les autorités à lui confier la gestion l’hôtel Itsandra. Cette société s’est engagé à accroître les capacités et les standards de l’hôtels Itsandra en ajoutant un bâtiment de 50 chambres de niveau 4 étoiles ainsi que 25 bungalows pour un investissement prévu de 10 millions d’euros. Les travaux de réhabilitation et d’extension sont en court de fi nalisation et l’ouverture de l’hôtel Itsandra sera effective au cours du premier trimestre 2009. Ce type d’investissement peut constituer un enjeu majeur pour le développement touristique de l’archipel puisqu’il permettra d’accroître quantitativement l’offre hôtelière de 40% et de proposer qualitativement un nouveau produit 4 étoiles. En octobre 2007, un nouvel accord a été signé avec Dubaï World, pour la reconstruction et l’extension du Galawa pour un montant de 70 millions $. Ce montant comprend la construction d’un hôtel, la construction de villas, d’un établissement thermal, d’un centre nautique avec un club de bateau et un centre de plongée. Dans ces conditions, avec la réouverture en 2010 de l’hôtel le Galawa et l’extension de l’hôtel Itsandra, les capacités d’accueil pourront s’accroître de plus de 100%, ce qui permet d’envisager un doublement des capacités d’accueil. La recette touristique évaluée à 16,5 millions d’euros en 2003 pourrait atteindre dès 2009 les 30 à 35 millions d’euros. Il faut aussi prendre en considération l’impact des projets d’investissements actuels sur l’économie notamment la rénovation et l’extension du Galawa et de l’Itsandra, la construction d’un village de vacances à proximité du Lac Salé et les futurs de mise en valeur des ressources du littoral.
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