La production alimentaire

Les Comores restent un pays rural. Près de 70% de la population vit directement de l’activité agricole. Traditionnellement, l’agriculture et l’élevage sont regroupés au sein de petites exploitations familiales.

AGRICULTURE

Il existe deux types d’activité agricole. Une culture de rente (vanille, girofl e, ylang-ylang, et autres plantes à parfums...) destinée à l’exportation ; une agriculture de subsistance essentiellement destinée à la consommation locale. La production agricole ne couvre pas les besoins alimentaires de la population. Les Comores restent très tributaires de l’extérieur pour leur alimentation. Aliment de base, le riz, jadis importé de Madagascar, vient désormais des pays d’Asie (Inde, Pakistan, Thaïlande, etc.), et grève lourdement le budget national. La presque totalité des produits alimentaires (sucre, huile, farine, produits carnés, etc.) sont importés. Durant plusieurs décennies les cultures de rente ont joué un rôle primordial dans le développement économique du pays. La baisse des investissements a quelque peu affecté la productivité. Aujourd’hui ces produits de rente subissent de plein fouet les fluctuations spéculatives sur le marché mondial. Une situation qui a conduit certains producteurs et préparateurs (à l’instar de VaniaCom) à travailler sur la qualité et des produits haut de gamme. Durant les années qui ont suivi l’indépendance, les productions vivrières, maraichers surtout, ont fait l’objet de plusieurs projets-pilotes, impliquant notamment les groupements de femmes. L’introduction de variétés à haut rendement semble suffi samment maitrisée, même si leur diffusion demeure limitée au regard des besoins du marché intérieur. Des produits maraichers et vivriers sont importés des pays voisins (Madagascar, Afrique de l’Est, Afrique du Sud…). Plusieurs facteurs expliquent les faibles performances de l’agriculture comorienne.

  • Le caractère familial et artisanal de l’activité agricole, sur des petites exploitations familiales, presque exclusivement orientée vers la sécurité alimentaire, n’a pas permis le développement d’une agriculture commerciale tournée vers l’exportation.
  • Il n’existe presque pas d’activité agricole intensive mécanisée.
  • La mise à l’écart des opérateurs économiques des décisions et des actions du développement rural.
  • La faiblesse des mesures incitatives susceptibles d’accroitre la production, l’’absence de planifi cation, et le manque d’organisation des fi lières vivrières et maraichers, de la production à la distribution.
  • Le problème foncier demeure un autre obstacle majeur. Il se pose en termes structurels et juridique, les deux aspects étant fondamentalement liés. Absence de cadastre. Une part importante des terres disponibles est gérée par les communautés villageoises. Ce qui pose le problème de leur aménagement et de leur mise en valeur.


Avec la poussée démographique, le nombre de litiges et de confl its sur la délimitation des terres se multiplient. La primauté du droit coutumier sur le droit foncier (mal défi ni et mal ou peu appliqué), conduit à un extrême émiettement des terres, qui rend quasi impossible toute activité agricole intensive. Un enjeu d’importance quand on sait que la politique de relance de la croissance dans le secteur agricole défi nie par le Gouvernement prévoit une forte participation communautaire et des organisations paysannes, tant sur les activités productives que sur les aspects organisationnels. Créée en 1995, l’INRAPE, établissement public à caractère scientifi que et technique, a pour missions de concevoir et d’animer les programmes de recherches et d’études agricoles, halieutiques et environnementales ; de promouvoir l’expérimentation des productions végétales, animales et forestières ; mais aussi d’assurer la formation et le perfectionnement du personnel du secteur, et d’établir des passerelles de recherche entre l’agriculture, la pêche et l’environnement. L’Inrape dispose des compétences nécessaires, mais pâtit des moyens. Ce qui rend sa tâche ardue, au regard des moyens modiques mis à sa disposition. Il ne doit sa survie qu’au soutien fi nancier de l’UE (à travers la COI) et du FAO... Le plus grand changement intervenu ces dernières années réside dans l’expérimentation scientifi que dans la production agricole et l’élevage. L’accession des Comores à l’indépendance en 1975 avait mis fi n aux activités de l’Irat (Institut français de recherches agronomiques tropicales), et de la BDPA (Bureau pour le développement de la production agricole). Les activités de recherches appliquées reprendront plus tard au sein du Cefader (Centre fédéral d’appui au développement rural) à travers des projets fi nancés par des fonds extérieurs. A partir de 1984, la Coopération française fi nancera plusieurs projets de développement agricole et de l’élevage, dont le plus important est le Pansac (Projet d’appui à la nouvelle stratégie agricole des Comores). Financé par la Banque mondiale le « Projet cocotier » et appui semencier (1981-1987) avait pour objectif de réhabiliter la cocoteraie comorienne vieillissante. Maitrise de la production des cultures maraichères et fruitières. Des projets sur la transformation du manioc, du fruit à pain, des fruits et légumes attendent des fi nancements. Tout comme des projets de production de nouveaux produits agricoles d’exportation (fleurs, épis, etc.). Un programme d’appui à la création d’un environnement favorable au développement du secteur agricole a été arrêté, qui devrait permettre aux investisseurs privés de jouer un rôle plus actif dans le secteur. Il consiste au renforcement du patrimoine foncier. Un accord de fi nancement a été conclu en 2007 avec l’Agence Française de développement (AFP) pour la constitution d’un cadastre. Il devrait notamment permettre de clarifi er et d’harmoniser le droit de propriété. La relance d’une production agricole et agroalimentaire. Le développement du cheptel, en renforçant les contrôles sanitaires.

ELEVAGE

Le secteur de l’élevage est peu développé. Il s’agit de petit élevage. L’absence d’espaces agropastorales limite cruellement le développement du secteur de l’élevage, qui vise à satisfaire les besoins alimentaires de la population, tout en générant des revenus, notamment pour les femmes. Une amélioration de la production animale nécessite une amélioration de la productivité sur le segment du petit élevage, plus facile à contrôler et qui nécessite peu d’espaces pastorales. L’élevage est effectué sur le mode artisanal. Le bétail (vaches, brebis, caprins…) est attaché à un pieu. Ils apportent un complément minimal (lait, viande) dans la consommation. Les Comores sont fortement dépendantes de l’extérieur sous forme de bêtes sur pieds (Madagascar, Afrique de l’Est) ou de produits carnés congelés. L’importation d’animaux sur pieds a été à l’origine d’épidémies qui ont décimé le cheptel comorien. D’où la nécessité d’un renforcement des services sanitaires. Le Gouvernement favorise l’introduction d’espèces plus résistantes, et une lutte plus effi cace contre l’épizootie bovine et des tiques. Lancée depuis une vingtaine d’années, l’aviculture, malgré les besoins croissants, peine toujours à trouver sa vitesse de croisière. Elle serait même en déclin. La production locale est fortement concurrencée par les importations de volailles à des prix très compétitifs.

PECHE

Les Comores disposent d’énormes ressources halieutiques, lesquelles, si mises en valeur, pourraient contribuer à la croissance du économique du pays. Toutefois, l’importance de ce potentiel est mal connue. Les estimations reposent aléatoires datant d’une vingtaine d’années. Durant ces vingt dernières années, l’activité a évolué. La pêche traditionnelle utilisant des pirogues disparait progressivement au profi t d’une pêche artisanale des petites embarcations en fi bre de verre à moteur. Les techniques de pêche ont également évolué. Une société comorienne, Compêche, pratique la pêche industrielle. Actuellement la production de la pêche assure la totalité des besoins en protéines de la population, même si des progrès restent à faire dans le système de conservation. Le gouvernement souhaite d’organiser le secteur de la pêche. Plusieurs priorités ont été retenues.

  • L’établissement d’une connaissance des ressources halieutiques exploitables, afi n d’augmenter les captures, tout en respectant les équilibres écologiques nécessaires au renouvellement de la ressource.
  • La modernisation de la pêche artisanale, avant de développer la pêche industrielle par l’introduction de nouvelles techniques de pêche, par l’utilisation de chalutiers pouvant aller en haute mer.
  • La mise en place d’un système de conservation (chaine de froid), mais aussi de transformation et de commercialisation des produits halieutiques en vue de l’exportation.
  • L’aménagement de petits ports de pêche et la construction de chambres froides de stockage sont à l’étude. Ce projet devrait être accompagné par la recherche de débouchés extérieurs pour écouler le surplus de production.
  • Le renforcement des organisations professionnelles et des structures publiques d’appui dans le secteur